aphgAixMarseille.com - Publié le : 2003


Allons vers le Moyen Age
par


Compte-rendu d’un voyage scolaire d’étude et de détente

( extrait du bulletin de la Régionale)

Intentions : Plusieurs fois déjà, pour vous, j’ai confié à notre gazette professionnelle le récit de quelques uns de mes voyages lointains. Bien que restant centré sur mes voyages, (éléments vitaux pour le géographe, mais également pour l’historien) mon objectif aujourd’hui est différent. Je souhaite que notre bulletin annuel nous serve de lien pour des voyages scolaires et qu’à l’occasion des futurs numéros, vous preniez, chers collègues lecteurs la plume électronique pour faire part de vos expériences et des réflexions (positives ou négatives) qu’elles vous ont inspirées dans le but d’améliorer ce type d’initiatives. Je débute donc, par ce que j’espère être le premier article d’une longue série, avec « Allons vers le Moyen-Âge » (titre déjà utilisé pour relater le voyage dans le journal de mon école).

Oganisation et public concerné : nous sommes partis à la mi-juin 2003 pour trois jours avec 80 élèves de 5 ème, une dizaine de 4 ème et 7 accompagnateurs, pour Sanilhac en Ardèche en utilisant deux confortables autocars. Il y avait eu un sondage et les familles y avaient répondu favorablement puisque plus de 80% des élèves de 5 ème y ont participé. Voyage, séjour, et animation sont revenus à 138 euros par élève. Le voyage était prévu depuis longtemps, ce qui a permis à la plupart des familles de règler en trois mensualités. Ce voyage est particulièrement adapté aux élèves de 5 ème car le programme officiel étudie les cadres politiques et la société de l’Occident médiéval (chevaliers et paysans dans le cadre quotidien des campagnes). La dizaine d’élèves de 4 ème étaient en hors programme ; ils étaient des élèves qui n’avaient pas pu ou ne s’étaient pas inscrits pour des voyages à l’étranger. Leur présence a permis de baisser per capita les coûts du transport.

Les lieux. Ils sont au nombre de deux :
-  d’abord les lieux de séjour : La Châtaigneraie est un hôtel qui se définit comme Centre de Loisirs, Hôtel, Club situé entre Joyeuse et Aubenas en Ardèche. C’est une vaste et ancienne bastide qui fut le fief de la famille André, lequel a donné des négociants et des banquiers (du XVI ème au X VIII ème siècles) et dont le plus célèbre a fait construire à Paris un magnifique hôtel particulier connu aujourd’hui sous le nom de Musée Jacquemard-André. La Châtaigneraie a été rénovée par Brigitte et Olivier Bauland qui proposent aujourd’hui : 47 chambres à deux lits, quatre salles de réunion, une salle de spectacle, une salle de jeu, des terrasses ert une piscine. En dépit du début de la canicule estivale, la piscine n’a pas été utilisée : elle manquait de « cachet médiéval ».... Mais surtout, l’absence de toute surveillance légale par un professeur EPS ayant titre de moniteur de natation, en interdisait l’accès. En cours d’année scolaire, La Châtaigneraie accueille des scoalires et des familles en périodes de vacances.
-  le second lieu est le chateau de Montréal, (Mont Régalis), tout proche, chateau médiéval du XII ème siècle ayant appartenu à Pierre de Vernon en 1210. Ce chateau a été racheté (pour le prix d’une belle villa avant « l’effet T.G.V. ») il y a quelques années par un maçon du cru qui s’était spécialisé dans la restauration de maisons anciennes et qui, aujourd’hui pour vire et faire revire le chateau, la fait visiter en se lançant dans des activités et des fêtes à caractère médiéval.

Les activités : Espace Nombreuses bien ciblées, les activités sont surtout animées par de jeunes moniteurs et monitrices, pour la plupart d’entre eux étudiants et étudiantes (l’une d’elles prépare une thèse d’État sur « Les lourds destriers des chevaliers »), un musicien (ancien enseignant ?), plus un forgeron qui fabrique des armes de facture ancienne et de couteaux en pièce unique. Par roulement, nos jeunes médiévistes sont partagés en six groupes (A, A’, B, B’,C, C’), lesquels participèrent aux diverses activités proposées :
-  héraldisme (science des blasons) nécessitant de se doter de qualités correspondant à des gamme de couleurs. Un regret, cependant : les élèves ont manqué de temps pour faire leur propre écusson ; la durée de cette activité est à redéfinir.
-  jonglerie, avec par exemple la joie de grimper sur une grosse boule de 80 cm de diamètre et de la faire avancer avec ses pieds sans tomber ;
-  escrime, utilisant de grandes épées de bois avec étude de toute la gestuelle d’attaque et de parade ;
-  visite du chateau de Montréal ( le donjon devant être accessible en toute sécurité à partir de cette année) ;
-  étude stratégie médiévale (comment construire un chateau fort et, surtout, comment le défendre) ;
-  goûts et saveurs en cuisine, en particulier les produits d’époque (le verjus par exemple sans les frites, ni les tomates, ni le maïs, ni la dinde, l’Amérique n’ayant pas encore été découverte) ;
-  leçons d’Histoire (en fait, des rappels) pour bien saisir les rapports entre le roi et ses seigneurs vassaux, le rôle des chevaliers et les activités des paysans ;
-  calligraphie (ou l’art de bien écrire), chacun est reparti avec son travail mais aussi avec son prénom magnifiquement calligraphié par la spécialiste ;
-  l’étude rapide de la musique et des principaux instruments du Moyen-Âge.

Les soirées : Nos damoiseaux et gentes damoiselles ont participé à deux soirées (qu’une prochaine fois, nous espérons costumées) :
-  la première consacrés surtout à des contes et à de la musique ;
-  la seconde, marquée par la grande danse de tous et de toutes en participant au « branle de l’ours et branle des lavandières » et à un spectacle de jonglerie. Chapeau bas au passage, à la Dame jongleuse qui nous a émerveillés avec ses chaînes de feu, ouf, à un moment, elle a eu très chaud... !

Le moment : À quel moment favorable dans l’année, placer ce voyage d’étude et de détente ? L’année scolaire s’achevant, c’est le côté pratique et les disponibilités qui nous ont incités à le placer à la mi-juin 2003, mais plusieurs autres possibilités existent. En d’ébut d’année, juste avanr les vacances de la Toussaint. Cette possibilité peut êttre utilisée comme nous le faisons avec des activités psportives auxquelles les accompagnateurs participent (rafting, escalades, tirs à l’arc, V.T.T., ect...) pour les élèves des secondes pour souder le groupe-classe à l’entrée du lycée ;
-  Vers janvier-février pour être pédagogiquement en accord avec le calendrier des cours d’Histoire, et peut-être même, remplacer une partie des cours par les activités. Même celles de plein-air sont difficiles à pratiquer à la saison d’hiver ;
-  l’aspect pratique, nous essayons de regrouper les voyages avant les vacances de Pâques pour éviter de disperser trop souvent les élèves dans l’année (mais pour cette nouvelle année les parents des élèves des classes Europe ont protesté en nous signalant qu’un voyage en Angleterre serait en courrence avec le voyage à thème médiéval auquel ils souhaitent également inscrire leurs enfants).
-  en ce qui me concerne, j’aime bien faire ce voyage en fin d’année scolaire, car il peut représenter un moment de détente qui clôt une année de travail bien remplie tout en permettant de réviser en s’amusant.

Claude Buisson