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2004

Apropos du patrimoine
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Il nous a semblé pertinent de consacrer notre journée d’étude et une grande partie de ce bulletin « nouvelle formule », avant son passage sur le site de l’association régionale d’Aix Marseille que nous ouvrons cette année.

Le patrimoine ?

Tout le monde en parle. Il est un enjeu politique depuis longtemps. Il n’y a qu’à voir tout ce qui se fait dans ce domaine avant toute grande manifestation ( à Athènes par exemple avant les jeux olympiques). Au XIXe siècle, le patrimoine, a été un élément essentiel dans l’élaboration du sentiment national. La Grèce après avoir conquis son indépendance, s’est offert une Acropole toute neuve en éliminant toute trace de l’occupation turque, pour « renouer avec son histoire classique »

L’entrée en vigueur de la loi du 17 janvier 2001 (en pleine révision aujourd’hui) instaurant l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), traduisait les dispositions de la convention de Malte, signée par la France en 1992, qui se donnait pour but "de protéger le patrimoine archéologique en tant que mémoire collective européenne et comme instrument d’étude historique et scientifique". Enfin lors d’une conférence de presse, à Athènes le 16 avril 2003, Jacques Chirac déplorant le pillage du Musée de Bagdad déclarait : "..., le pillage du Musée de Bagdad (...) constitue un véritable crime contre l’humanité, un désastre pour l’humanité. ». Dans les pays occidentaux, on souhaite protéger, conserver, restaurer au moins depuis deux siècles. François René Chateaubriand fut l’initiateur du mot « patrimoine ». François Guizot fonda avec Prosper Mérimée, l’administration des Monuments historiques sous Louis Philippe. Le patrimoine est devenu un enjeu culturel. On recherche son identité, ses racines dans les témoignages du passé.

Depuis 1984, ont lieu en France, lors du troisième week-end de septembre, les « journées du patrimoine ». Beaucoup d’entre nous, invités par les annonces des médias sur les ouvertures exceptionnelles des portes de divers monuments, ont revu ou redécouvert des musées, des châteaux ou vestiges. Tous les dépliants touristiques vendent du patrimoine.

A l’échelle du citoyen, de la commune, de la région comme de l’Etat, des individus, des élus se mobilisent pour conserver. Des Musées naissent ou sont en projet un peu partout. Pour ne citer que notre région, l’ouverture du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, ne permet-il pas de retrouver un lieu magique et de le conserver : la tour Saint-Jean, la Chapelle...etc. ? Le projet impulsé par Philippe Mioche à Gardanne qui concerne la réutilisation d’un ancien puits de la mine de charbon, le Puits Morandat, [1] pour le futur Centre Régional d’Archives et de Valorisation du Monde des Entreprises pour la création, en est un autre.

Pourquoi cet engouement ? Craignons-nous aujourd’hui que la civilisation contemporaine, avide de rentabilité, ne laisse disparaître définitivement les traces des sociétés qui nous ont précédés ? L’éducation au patrimoine est devenue une des finalités de notre enseignement de notre discipline depuis les programmes de 1995, de l’école primaire au lycée. Cette éducation déjà impulsée à l’école élémentaire par les « classes de découverte » ont permis à des maîtres et à leurs élèves de vivre des aventures inoubliables en participant à des restaurations et à des aménagements même minimes ( au Frioul par exemple où la calade du puits de l’hôpital Caroline a été patinée par des élèves de CM1 ). Que signifie la notion même de patrimoine ? Faut-il entendre patrimoine au singulier ou au pluriel ( patrimoine rural, urbain, industriel, technique, scientifique). Quel est son rôle social et culturel ? Quels sont les nouveaux champs de l’histoire qu’il permet d’aborder et les nouvelles problématiques (sur l’étude des paysages par exemple) ? Qu’entend-on par l’éducation au patrimoine, pour quels enjeux ? Ces derniers sont assez importants pour qu’un séminaire national y ait été consacré le 19 et 20 janvier dernier. Il y a des enjeux théoriques concernant la place du patrimoine dans les apprentissages scolaires, les dynamiques et les réseaux à mettre en place, les ressources disponibles très nombreuses à rendre accessible ( sites des différents ministères, et des acteurs/décideurs de la politique éducative). Tout un champ d’expérience nous est ouvert. A nous d’aller « au charbon »

Renée Dray-Bensousan


NB.

[1] du nom d’un ancien directeur des HBCM,(Houllières du Bassin des Charbonnages du Midi) devenu Président des Charbonnages de france.

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