La circulaire de Février 2009 de la Régionale A.P.H.G. d’Aix-Marseille

jeudi 12 février 2009
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Association des Professeurs d’Histoire-Géographie / Régionale d’Aix-Marseille

L’éducation n’est pas une marchandise !

Je ne suis pas, pour ma part, hostile à toute réforme, mais il est des méthodes, des décisions et des objectifs qui sont inacceptables.
Réformer les concours, pourquoi pas ? Mais pas pour n’importe quoi. Réformer la formation des enseignants, pourquoi pas ? Mais supprimer toute formation à l’issue de la réussite à ce qui restera des concours, non ! Réfléchir aux disciplines enseignées, pourquoi pas ? Mais menacer des enseignements aussi fondamentaux que l’Histoire et la Géographie, non ! Evaluer sans cesse le bon usage de l’argent public, oui, bien entendu, mais couvrir par là l’affaiblissement de l’Education nationale au profit du secteur privé de formation, non !
Les valeurs qui sous-tendent le saccage actuel, celles de la concurrence, de la réussite individualiste, du faire savoir (au détriment du savoir faire et de la connaissance), de l’élitisme (au détriment de l’éducation pour tous), celles, en fait, de l’inégalité « naturelle », et celles du chacun pour soi, celles aussi qui distribuent le pouvoir à des petits chefs illégitimes, ces valeurs-là ne sont pas les nôtres !
Elles ne le sont pas car elles sont en contradiction avec les objectifs fondamentaux qui doivent être ceux de disciplines qui, comme l’Histoire et la Géographie, sont au cœur de la formation de citoyens en République.

Jean-Marie Guillon

Professeur à l’Université de Provence

Président de l’APHG régionale Aix-Marseille

Assemblée générale de la régionale APHG

Mercredi 11 mars 2009 à 14 h

Faculté St-Charles Marseille

Amphi de Chimie (vers la droite en entrant sur le site St-Charles)

L’activité de l’Association et l’actualité de notre discipline

Rencontre-débat sur faire et enseigner l’histoire
et la géographie aujourd’hui, de l’école à l’Université

Position de l’APHG à propos de la réforme des concours

Pour une formation de qualité des enseignants, contre un CAPES au rabais

L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) avec le soutien et l’accord des Associations de spécialistes de l’Enseignement Supérieur : la Société des Professeurs d’Histoire ancienne des Universités (SOPHAU), la Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public (SHMESP), l’Association des Historiens Modernistes de l’Enseignement Supérieur (AHMUP), l’Association des Historiens Contemporéanistes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (AHECESR), l’Association de Géographes Français (AGF), condamne la précipitation de la réforme engagée, demande un moratoire, entend que la préparation aux Concours du Capes soit assurée en complémentarité par les enseignants des universités et des IUFM.

Elle insiste sur cinq points qui lui paraissent essentiels :

1-Il paraît impossible de concilier master de recherche et formation à l’enseignement la même année. L’APHG s’élève contre le projet de réforme du CAPES, qui oblige les étudiants de master à conduire de front la préparation d’un concours, un stage en établissement scolaire, l’achèvement et la soutenance d’un mémoire de master. Cette exigence de cumul des tâches est irréaliste. Réalisation du mémoire et préparation au concours doivent être chronologiquement découplés.

2-La formation au concours doit être liée de façon étroite à la recherche scientifique dans les disciplines concernées (Histoire et Géographie distinctes dans leurs formes). A l’écrit ce lien sera exprimé par l’existence de questions précises qui ne seront pas nécessairement des questions mises aux programmes de l’enseignement secondaire.

3- La leçon du concours de recrutement doit être une leçon disciplinaire de niveau approfondi,ce qui implique la présence d’universitaires dans le jury.

4- L’épreuve de connaissance du système éducatif devrait avoir un coefficient moindre que les épreuves disciplinaires. Le candidat devrait être évalué par ses futurs pairs : professeurs, inspecteurs, formateurs, proviseurs et non par la société civile.

5- Un stage pratique d’un an doit permettre après son succès au concours au futur enseignant d’apprendre son métier ce qui implique un allègement de son service et un encadrement sérieux pendant cette première année.

Le Secrétariat Général de l’APHG , Paris, le 8 janvier 2009

Pour suivre les positions et l’activité de l’APHG nationale voir le site aphg.fr

Et pour notre régionale : http://www.aphgaixmarseille.com

Hommage à notre collègue Geneviève SALCE

Chers collègues et amis,

En ce début janvier 2009, nous venons d’apprendre le décès de Geneviève Salce, à l’âge de 86 ans, professeur au lycée Montgrand pendant presque toute sa carrière, et inamovible trésorière de notre régionale depuis les années 50 jusqu’à la fin des années 90, lorsque Lucien Tirone, demandant à être déchargé de son mandat de président, a accepté le rôle de trésorier.

Dynamique et attachante toujours, imprévisible parfois, Geneviève Salce a été un personnage marquant de notre Régionale, qui se devait de lui rendre hommage. Mais voulant garder de Geneviève le souvenir de son humour, de sa joie de vivre, de son franc parler, de ses habitudes et horaires fantaisistes, et de tout ce qui en faisait un personnage peu conventionnel, il m’a semblé qu’un article nécrologique « classique » conventionnel ne lui aurait pas plu. C’est pourquoi j’ai suggéré au bureau de la Régionale de lancer un appel aux souvenirs personnels : que tous ceux qui l’ont connue et aimée écrivent quelques lignes pour évoquer leur souvenir de Geneviève, et que ces souvenirs soient rassemblés en un florilège sur le site web de l’association – sur le site, car la circulaire papier n’offre, bien sûr, qu’une place limitée. Le bureau a accepté cette idée, et les premiers témoignages figurent déjà sur ce site.

Pour ma part, j’ai évoqué le souvenir des voyages de la régionale, dont elle gérait les finances avec un soin jaloux, où elle arrivait en retard à presque tous les rendez-vous, mais où tout finissait par des rires et des chansons. De son côté, Philippe Joutard, ancien président de notre Régionale, qui a longtemps travaillé avec Geneviève, a tenu à être présent sur la circulaire comme sur le site, et nous lui laissons la parole.

Michèle Martineau

Comment ne pas être très triste en apprenant la disparition de Geneviève Salce, quand on a travaillé avec elle au sein de la Régionale pendant plusieurs années. Au premier abord, elle était bien éloignée de l’image classique de la gestionnaire organisée et méthodique. Ces cartons à chaussure pleines de fiches d’adhérents ou ces liasses de chèques bourrés dans les tiroirs étaient légendaires. Pourtant derrière ce désordre et ce flou apparents, se cachait une grande rigueur, aidée par une forte mémoire et un gros travail. Je m’en suis rendu compte quand nous avons organisé un voyage en Cévennes où elle ne laissait rien en souffrance et traquait la plus petite économie possible. Elle pouvait paraître trop prudente, parfois timorée : impression fausse. Dès qu’elle avait compris l’enjeu, elle y allait sans hésitation et avec énergie. Je peux en témoigner, lorsque nous avons décidé d’organiser les premières rencontres périodiques de l’APHG qui se tinrent à Marseille en octobre 1983 sous le nom d’Agoras méditerranéennes. Je me rappelle ses objections initiales, mais plus encore ensuite son adhésion ferme et son efficacité. Dans tous les cas elle restait d’humeur égale, souriante et surtout elle avait le don d’établir des liens forts avec les personnes les plus différentes d’elles, pour ne pas dire opposées. Bel exemple d’ouverture d’esprit que l’on rencontre finalement assez rarement. Voila pourquoi, elle laisse en nous un souvenir très vif.

Philippe Joutard


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