Warning: Parameter 1 to f_queue() expected to be a reference, value given in /homepages/40/d614146596/htdocs/spip/ecrire/inc/utils.php on line 199
Les ocres de Gargas - APHG Aix Marseille

Les ocres de Gargas

dimanche 30 mai 2004
par  Marie-Antoinette Pastor, Michèle Martineau
popularité : 100%

Word - 437.5 ko
téléchargement (Photos,texte et carte)

Les ocres de Gargas*

Le soleil était au rendez-vous, ce dimanche 4 avril. Sacs à dos et chaussures de marche, une trentaine de personnes se pressaient au départ, près de nos guides, pour ne rien perdre des explications : Monsieur Jean-Pierre Locci , président de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Industriel du Vaucluse, et un habitant de Gargas, qui a travaillé toute sa vie dans les usines d’ocre et pour qui l’ocre fait partie de la famille ! L’industrie de l’ocre : -Elle commence timidement entre 1780 et 1785, lorsque Jean Philippe Astier, habitant à Roussillon, redécouvre les propriétés des terres rouges et jaunes de sa région, et obtient l’autorisation d’utiliser le moulin à huile du village pour fabriquer de la poudre d’ocre. Son activité est poursuivie par ses héritiers, mais c’est avec l’arrivée des chemins de fer (ligne Cavaillon-Apt, en 1877) qu’elle prend son essor à la fin du XIX° siècle : des carrières s’ouvrent un peu partout, et l’on en comptera 22 sur le territoire de la commune de Gargas. Cette activité, qui se faisait sur les terres des paysans, et qui leur apportait un complément de ressources, marquait tout le paysage, dont la végétation, aujourd’hui abondante, disparaissait presque totalement au fur et à mesure de la mise en œuvre de nouvelles exploitations. -Au début du XXeme siècle, la concurrence devient plus rude, avec la création, en 1901, de la « Société des Ocres de France », qui, avec le concours de quelques industriels vauclusiens, exploite un gisement concurrent de la région d’Auxerre. Mais les ocriers vauclusiens se regroupent en « Com- ptoir des Ocres de France », et jusqu’aux années 30, on conti- nue d’exporter le mi nerai partout dans le monde. La crise écono mique des années 30, la guerre, puis « l’explosion » des industries chimiques contemporaines, qui fabriquent des ocres synthétiques, seront fatales à l’industrie vauclusienne : nous visiterons dans l’après-midi, une ancienne galerie d’extraction qui même été. Nous visiterons une ancienne galerie qui a été transformée, pendant un temps, en champignonnière -idée qui a, elle aussi, fait long feu. Il ne reste aujourd’hui plus qu’une entreprise produisant de l’ocre en France, la Société des Ocres de France, constituée en 1974 par le rachat des actifs vauclusiens de la société du même nom fondée en 1901 (dont nous avons parlé plus haut). Modernisée, mécanisée, elle n’emploie que quelques ouvriers, mais exploite encore une imposante carrière à ciel ouvert, celle des Devens Longs, que nous visiterons l’après-midi. -Utilisation de l’ocre : On l’utilise dans l’alimentation, la parfumerie, la papeterie, les colorants, les huiles naturelles (peinture), protection naturelle de la peau (contre les U V). Le circuit de l’ocre : Nous parcourrons, au long de cette journée, toutes les étapes de la production de l’ocre. 1) Notre première étape est consacrée à l’extraction de l’ocre, près de la carrière noyée des Tamisier. L’extraction se faisait au trefois aussi bien par ga- leries, assez dangereuses, que par car- rières à ciel ouvert, à la pioche et à l’explosif. Nous verrons dans l’après-midi, la carrière à ciel ouvert de la S.O.F. où l’extraction se fait au tractopelle. 2) La deuxième opération est le lavage, pour séparer l’ocre du sable : lavage qui, autrefois, se faisait en hiver, parce qu’il y a plus d’eau, et qu’il n’y a pas de travaux agricoles. Le minerai est acheminé sur l’aire de lavage, où il est soumis à des jets d’eau sous pression. Pour permettre de maintenir l’ocre et le sable de façon à ce que l’ocre ne se dépose pas dans les tuyaux, on utilisait des malaxeurs. Le mélange eau/sable/ocre était envoyé dans des batardeaux, longues rigoles fermées à leur extrémité la plus large, au fond duquel se déposait le sable plus lourd, qui formait des monticules. Nous suivons un de ces batardeaux avant d’arriver aux bassins de décantation. 3) L’eau chargée d’ocre était en effet évacuée vers ces bassins, où l’ocre à son tour va se déposer sur le fond, et sécher. Lorsque l’ocre s’est déposée sur le fond, on récupère l’eau par gravitation pour la refouler vers l’aire de lavage. L’ocre continue à sécher sous au soleil et au vent, les mottes d’ocre étaient retirées des bassins au printemps et finissaient de sécher en été. On transportait ensuite l’ocre à l’usine pour la stocker. 4) Quatrième opération, le broyage. L’ocre est concassée, broyée (tout un système de broyeurs), puis tamisée notamment avec des filtres en soie qui assurent la finesse du produit. 5) Ensuite, la calcination : l’ocre rouge est obtenue par la calcination oxydante de l’ocre jaune, autrefois réalisée dans des fours en briques dont nous verrons un exemplaire. 6) Enfin il reste à emballer le produit, autrefois dans des barils, aujourd’hui dans des sacs en papier de 25 kg. Notre promenade nous conduit aussi après un chemin montant, sablonneux et un peu malaisé, à des carrières de gypse, où récupérer chacun se pressait pour ramasser et rapporter « sa pierre », témoin de cette magnifique journée, puis à faire un joyeux pique-nique près d’un site proto-historique, avant de passer près des plus beaux paysages de galeries abandonnées à la lumière féerique. Bref, nous espérons avoir donné des regrets à ceux qui ne sont pas venus avec nous, et pour les consoler, nous leur conseillons de regarder les quelques photos ci-jointes, et d’essayer de retrouver notre itinéraire sur la carte aimablement fournie par notre collègue Michel Doche. Nous signalons aussi que l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Industriel du Vaucluse organise diverses activités, notamment au moment du week-end d’ouverture des monuments historiques, et qu’elle dispose d’un site internet que vous pouvez consulter d’un clic [asppiv->http://www.documentation-provence.org/orgs/312.htm#B# ]

Word - 437.5 ko
téléchargement (Photos,texte et carte)

*Gargas est une étape de la "Route de l’Ocre" du Luberon, placée entre Roussillon et le Colorado de Rustrel et offrant à ce titre de nombreux sentiers sur les sites d’extraction.

Word - 437.5 ko
téléchargement (Photos,texte et carte)

Michèle Martineau Marie-Antoinette Pastor


*** Tous les textes, documents et dossiers sont de la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent qu'eux, à l'exception des prises de positions officielles de l'Association.