Commission Lycée du 28 janvier 2006

 2006
par  Jean Marc Fevret
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Compte-Rendu De La Commission Nationale de l’APHG
Lycée

Cette réunion de deux heures présidée par Bernard PHAN a été partiellement gênée par les intempéries subies alors par le pays et expliquant la présence de seulement onze représentants des régionales.

L’essentiel de la discussion a porté sur les débats concernant l’enseignement de la colonisation même si le rejet par le conseil constitutionnel de la loi modifiant cet enseignement (« évaluation de l’œuvre de la colonisation ») semble avoir mis fin à la polémique récente. Bernard PHAN a toutefois précisé qu’avait été prévue avant ce rejet la création d’une fondation devant associer chercheurs français et algériens dans ce nouvel enseignement.

On s’est attaché pendant la réunion à faire l’état des réactions au sein des régionales.

On a unanimement constaté l’absence de fortes turbulences parmi les enseignants, la question récurrente consistant à se demander ce qu’il fallait placer dans les aspects positifs de la colonisation. On a fait mention également de l’incompréhension de nombreux collègues étrangers (à l’Est de l’Europe, au Moyen-Orient...) de cette évolution de la loi et des débats que son annonce a provoqués.

Bernard PHAN a insisté sur le fait que la polémique sur cette loi s’expliquait par :
- la substitution d’une terminologie (politisée) à une autre plus conforme à l’historiographie actuelle ;
- la méconnaissance de l’histoire des mots (ex. : génocide, colonisation...).

La mission de notre association consiste bien ici à travailler contre l’instrumentalisation du débat et des termes (les réparations à l’égard des anciens combattants venant des colonies en étant un enjeu non négligeable). La mission des professeurs d’Histoire-Géographie est d’enseigner la complexité, pas de faire un tri (les bienfaits/les méfaits). S’ajoute à cela la nécessité de disposer d’un temps décent pour enseigner cette complexité...
Nous sommes tributaires d’un contexte à la fois médiatique et scientifique : l’exaltation de l’Histoire mémorielle qui, aussi utile soit-elle, nous piège dans les logiques de commémorations organisées par le politique.

De plus nous enseignons à une génération plus baignée dans l’affectif (peut-être à cause de l’impact surmultiplié de la médiatisation télévisuelle). Face à cela, la seule démarche possible est celle qui consiste en la définition des termes (donc la validité de notre enseignement repose sur la mise en garde des élèves au sujet des exploitations à géométrie variable des termes-clés).

On s’est étonné dans le même ordre d’idées que la loi sur l’esclavage n’ait pas initié de grand débat.

Autre constat alarmant, les historiens spécialistes des questions (communautarismes, colonisation, décolonisation...) évoquées avec fièvre dans les derniers mois ont été laissés à l’écart des grands débats médiatiques notamment télévisuels.

Bernard PHAN a annoncé la sortie d’un texte officiel (probablement en Mars) sur le Bac STG basé d’après le ministère sur quelques points-références :
- l’H.G. reste à l’écrit prévu précédemment ;
- une durée de 2H30 pour cette épreuve ;
- l’application se fera avec les nouveaux programmes (dans un an) ;
- il y aura des sujets testés (mais pas des ...sujets zéro).

L’épreuve serait basée sur des questions très précises appelant des réponses simples, le tout étant accompagné de textes.
On peut attendre un alignement probable des STI.

(Pour la régionale d’Aix-Marseille, Jean-Marc FEVRET).


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