Commission Lycée du 3 décembre 2005

 2006
par  Jean Marc Fevret
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Compte-Rendu de la Commission Nationale de l’ APHG Lycées (Paris, 3 décembre 2005)

Cette réunion de trois heures présidée par Bernard PHAN a commencé par une information consacrée à l’évolution du Bac série STG passant du cadre d’un entretien oral de 20 mn à celui d’une épreuve écrite de 3H pour les modalités de laquelle on ne dispose à l’heure actuelle d’aucune définition précise.

L’appréciation qu’on peut en avoir se résume en une réelle inquiétude face à quelque chose de flottant. Il est difficile d’aborder cette épreuve :

-  dans un sujet comportant des documents,
-  pour des élèves caractérisés le plus souvent par un écrit très léger.

La discussion a porté ensuite sur les TPE pour lesquels on a évoqué la fréquence de thèmes difficiles intellectuellement.

L’enseignement de l’Europe était le sujet principal de cette réunion.

L’ I.G. semble vouloir mettre en valeur fortement ce thème toujours avec l’idée de « Faire des Européens ». C’est la deuxième année pour laquelle cet objectif est mis en avant (séminaire de C.R.D.P. reconduit pour 2005-2006).

Il semble maintenant plus facile d’y réfléchir, la fièvre politique de la consultation de 2005 s’estompant.

Il est ressorti du débat la nécessité d’insister sur les bases culturelles de l’Europe. Il faut donc choisir lesquelles (ex. : comment y intégrer la part du religieux, celle-ci étant importante ?).

Autre question fondamentale, y a-t-il une définition de la démocratie en Europe ? On a avancé la possibilité de dresser une typologie des démocraties européennes pour mieux en approcher la diversité.

On a ensuite discuté de la difficulté d’aborder cette Europe pour les élèves (avec en arrière-plan le risque d’un enseignement réducteur).

Daniel LETOUZEY a rappelé que l’Europe qui se pose à eux est récente ce qui privilégierait une étude sur deux générations avec un abord géographique essentiel (ce qui existe en partie déjà).

Les problématiques qui pourraient être directrices seraient :

-  Quelle est la place de l’Europe dans la mondialisation vécue ?

-  Quelle est sa vocation ?

On a continué à évoquer les représentations et les perceptions des élèves qui peuvent parfois aller jusqu’à définir l’Europe comme un système d’aides à des pays pauvres qui « nous amènerait à avoir moins d’argent ».
Etudier l’Europe est également difficile sachant que la détermination de son cadre territorial est problématique (même si c’est chose partiellement évoquée dans le programme de Première).

Le parallèle a été fait ici avec l’enseignement de l’Hexagone sous la Troisième République (plus facile à mener au regard des remarques précédentes).

Par ailleurs on note l’omniprésence dans nos programmes du fait national tout en indiquant que ce n’est pas une spécificité française. La démarche britannique appuie plus sur cette dimension nationale. Il semblerait même qu’on prenne plus de distance à l’égard de celle-ci de notre côté de la Manche.

Bernard PHAN en se référant à Monica CHARLOT a voulu nuancer cette idée en rappelant que la France était peut-être encore sous le coup de défaite de 1940 et d’un complexe national encore très prégnant.

(Pour la régionale d’Aix-Marseille, Jean-Marc FEVRET).


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