Warning: Parameter 1 to f_queue() expected to be a reference, value given in /homepages/40/d614146596/htdocs/spip/ecrire/inc/utils.php on line 199
Une Marseillaise à Saint-Dié-des-Vosges - APHG Aix Marseille

Une Marseillaise à Saint-Dié-des-Vosges

jeudi 19 mai 2005
par  Christine Excoffier
popularité : 92%

Premier épisode : se rendre à Saint-Dié, travaux pratiques de géographie.
Comment arriver, en partant le matin de Marseille, assez tôt dans l’après midi, pour participer à l’ouverture du festival de géographie ?
Soit on s’y prendre la veille : départ à 23H 08, arrivée à Nancy à 6H 57, correspondance à 7h 36 et arrivée à Saint-Dié à 8h 52, soit 9h 44 de voyage ! Voilà de quoi décourager le pèlerin.
Soit partir le jour même, mais il faut passer par Paris et partir très tôt le matin pour obtenir des tarifs abordables. Et c’est là que l’on prend une leçon de géographie sur la hiérarchie des territoires. Marseille-Paris, en TGV, 3 heures de train. Un transfert de la gare de Lyon à la gare de l’Est, en métro, avec changement, 40 minutes environ ! Une longue période d’attente, en gare de l’Est, 1h 15 dans le meilleur des cas. Paris-Nancy, en train corail Teoz qui fait la liaison Paris-Strasbourg, un petit bijou de confort mais trois heures de voyage. Enfin, dernier épisode, Nancy-Saint-Dié, en TER, une heure de voyage. Un TER comme on n’en fait plus, deux compartiments jaunes brinquebalants, pris d’assaut par les congressistes. Et une annonce du chef de gare invitant les usagers locaux à descendre du train, à laisser leur place aux festivaliers et à attendre le train suivant !

Deuxième épisode : un détour par l’histoire en ces temps de commémoration de la Libération.
Saint-Dié et le Corbusier : un rendez-vous manqué.
Quelle ville étrange, comme un brouillon d’un projet non abouti ou défiguré !
Le 9 novembre 1944, la ville de Saint-Dié est détruite par les Allemands qui font dynamiter tout le centre historique de Saint-Dié : plus de 10 585 locaux sinistrés, 2000 immeubles détruits, 400 commerces détruits ou atteints. La reconstruction s’impose, orchestrée par le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme.
Un industriel déodatien en bonneterie, J.J.Duval, alors qu’il faisait ses études à l’école polytechnique de Zurich, avait rencontré Le Corbusier, et lui avait demandé de réfléchir à la construction d’une ville industrielle. A la fin de la guerre, sous la pression de J.J.Duval, Le Corbusier est contacté pour le projet de reconstruction de Saint-Dié. Ce projet qui est prêt en juin 1945, est exposé aux Etats-Unis et au Canada où il fait l’admiration de tous. Mais au même moment, le 31 janvier 1946, le Conseil municipal de Saint-Dié refuse le projet.
Ce projet était l’application de la Cité radieuse à une petite localité.
Cependant J.J.Duval a demandé à Le Corbusier la reconstruction de la manufacture familiale de bonneterie, usine incendiée aux deux tiers en novembre 1944.
C’est le seul exemple en France d’application à un bâtiment industriel des principes de construction de Le Corbusier, une « usine verte ». Le mobilier des bureaux a été dessiné par Jean Prouvé.
Un très bon site pour visiter l’usine et avoir un portail d’entrée sur Le Corbusier : usine.duval.free.fr.

Troisième épisode : faire son marché.
C’est la plus rude épreuve : choisir entre les multiples possibilités qui s’offrent au festivalier aux quatre coins de la ville ?
Quelques suggestions mises en ligne sur le site du festival fig-st-die.education :
« Nourrir les hommes, un enjeu mondial », conférence pédagogique de J P.Charvet.
« Du Riz contre la bombe ; les enjeux politico-stratégiques de la situation alimentaire en Corée du Nord », V. Gélézeau
« Le président Lula mobilise contre la faim au Brésil ; le programme « Faim Zéro » », B. Bret.
« Famine et disette en Afrique : Malthus s’invite chez la reine de Saba », A. Gascon
« Géographie et Charity-Business  », L.P. Jacquemend : un café géographie sur les représentations de la faim, de la pauvreté et de la lutte contre la faim et la pauvreté à travers une enquête auprès d’élèves de l’Académie de Grenoble.

L’invité d’honneur du festival : la Jordanie, avec une équipe passionnante de grands spécialistes de la Jordanie, M. Lavergne, M Al Husbani qui est intervenu sur la construction d’un Etat-nation en Jordanie, M. Al Hussini qui est intervenu sur la question palestinienne en Jordanie, de Mme Destrumau sur les camps de réfugiés d’Amman. Elle a montré la permanence des camps, comme force symbolique et identitaire, même s’ils n’accueillent qu’un cinquième des réfugiés. Ils donnent à la Jordanie une légitimité pour négocier la représentativité des Palestiniens, dans le cadre d‘éventuelles discussions sur « le droit au retour ». Tous les réfugiés palestiniens veulent se voir reconnaître le droit au retour, même si on peut penser que peu de réfugiés quitteraient la Jordanie où ils sont installés depuis trois générations.

Quatrième épisode : l’apprentissage culinaire et une réflexion autour du thème des terroirs : terroirs, identités, cuisines.
Un prétexte pour apprendre quelques savoir-faire culinaires, lors d’une démonstration au salon de la gastronomie.
Le crémeux de potiron : 400g de potiron, 20cl de lait, 10cl de crème, 50g de beurre, 20g de parmesan râpé, sel poivre.
Faire suer le potiron avec le beurre, mouiller au lait, faire cuire et mixer. Ajouter le parmesan et la crème.
Raviole au foie gras et sa glace.
Raviole : 200g de foie gras, 40 feuilles à raviole, 1 œuf. Monter les ravioles avec des dés de foie gras, coller à l’œuf.
Glace au foie gras : 100g de foie gras, 50g de fromage blanc, 50g de crème liquide, 30g de vin doux, 1 cuillère à soupe de miel. Mélanger tous les ingrédients, mixer, turbiner.
Servir avec quelques feuilles de coriandre.

Cinquième épisode : glaner des informations, par ci par là.
Enseigner la géographie par les TICE ; voir le site Educnet.
Le dessous des cartes : www.arte-tv.com, voir dernière parution sur le Moyen Orient et sur l’Europe.
Le bulletin de liaison des professeurs d’histoire géographie de l’académie de Reims ; numéro de mars 2004, dossier spécial sur la Méditerranée, CRDP, Service commercial, 47 rue Simon, BP 387, 51063 Reims.

Dernier épisode : une histoire non élucidée.
Vendredi 1er octobre, une assistance nombreuse et avide de connaissances attendait les conférenciers, dont Son Altesse Royale le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie. La table ronde portait sur « à quoi sert la géographie ? A faire la paix ». Les conférenciers étaient en retard, fait exceptionnel car toutes les conférences commencent précisément à l’heure.
Nous eûmes alors l’explication de ce retard : le Prince El Hassan de Jordanie s’était entretenu avec le gouvernement de son pays et pouvait alors annoncer que les deux journalistes français étaient libérés et en sécurité !!!!

Le programme de l’année prochaine « Le monde en réseaux :
lieux visibles, liens invisibles ». L’invité d’honneur, l’Italie.
Le festival est en danger. Le prochain festival aura lieu, mais que se passera-t-il pour les éditions suivantes. Il n’est plus assuré de son financement : il ne reçoit plus de subventions de la FEDER.
Le FIG 2005 en danger ?

Chers amis festivaliers,
Dès sa création en 1990, le Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges est financé par des subventions publiques et du mécénat privé. Grâce à ces extraordinaires soutiens renouvelés chaque année, l’Association pour le Développement du Festival International de Géographie - l’ADFIG - organise depuis quinze ans la plus grande fête mondiale de la géographie où toutes les manifestations sont publiques et gratuites. Le FIG est devenu le seul lieu de rassemblement où le grand public peut aller à la rencontre des scientifiques les plus réputés pour échanger et dialoguer. Le FIG s’inscrit dans cette modernité de l’ouverture à tous : la démocratie participative.
Depuis 2001, le FIG bénéficie du soutien de l’Europe au travers du FEDER (Fonds Européen de Développement Régional). Ces fonds structurels sont mis en œuvre par un programme pluriannuel appelé « Objectif 2 2000-2006 ». Cette année là, le soutien du FEDER représentait 1,55% de notre budget, puis 27 % en 2002 pour atteindre 34% en 2003. Nous pensions pouvoir compter sur ce financement jusqu’en 2006 ainsi que le précisaient les conventions de partenariat conclues avec l’Etat. Ces fonds sont attribués dans le cadre d’un « Document Unique de Programmation » de l’Objectif 2 2000-2006.
Fin mars 2004, nous avons déposé notre dossier de demande de subvention pour la réalisation du 15ème festival. Nous n’avons toujours pas reçu l’accusé de réception du dépôt de notre dossier.
Des « informations » orales (non officielles) circulent. En Lorraine, au-delà de 3 ans, le FEDER serait supprimé aux associations. Rumeur ou réalité ? A la date où nous vous adressons notre Fig Infos 1, nous n’en savons rien...
Le Festival International de Géographie de Saint-Dié des Vosges a bien rempli son contrat, notamment, « Renforcer le rayonnement culturel de la Lorraine » et mieux encore comme le démontre l’analyse d’Arnaud Brennetot.
Sans le soutien promis de l’Europe, nous ne pourrons plus organiser de FIG. Une règle, peut toujours souffrir l’exception quand celle-ci est méritée. Nous sommes loin d’être l’événement lorrain qui a perçu le plus de soutien financier européen. La fidélité de nos partenaires et des nombreux médias qui nous accompagnent a permis d’inscrire le FIG dans l’un des festivals les plus prestigieux de notre pays.

Vous aimez le FIG. Dites-le, soutenez-le et aidez-nous à le défendre.
Vous pourrez découvrir très prochainement les contributions des géographes
sur notre site http://www.ville-saintdie.fr/adfig et dialoguer avec eux.
En attendant, faites-nous parvenir votre soutien par courrier : ADFIG - Hôtel de Ville - 88100 Saint-Dié des Vosges ou par email adfig@ville-saintdie.fr
Nous comptons sur vous et nous vous donnons rendez-vous à Saint-Dié-des-Vosges en octobre prochain pour fêter tous ensemble ce 15è anniversaire.


*** Tous les textes, documents et dossiers sont de la responsabilité de leurs auteurs et n'engagent qu'eux, à l'exception des prises de positions officielles de l'Association.