Commission APHG Europe

lundi 1er juillet 2013
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Commission Europe

Samedi 8 juin à l’ombre de la Sorbonne

Présents : Violetta Martinez-Auriol (Ile de France), Aydin Basarslan (Alsace), Yohann Chanoir (Champagne-Ardenne), Eudes Girard (Orléans-Tours), Daniel Micolon (Aix-Marseille), Richard Vassakos (Languedoc-Roussillon)

Excusés : Jacqueline Houlgatte (Bretagne), Dominique Mattei (Grenoble)

Sur une terrasse ombragée, autour d’un verre de l’amitié, la commission Europe s’est réunie pour aborder d’abord les chantiers européens dans lesquels elle intervient. L’adhésion de l’APHG à Euroclio est désormais engagée. Cela nous permettra de participer à ses nombreuses activités et à être également une force de proposition. Le premier concours français d’EU-Story vient de se terminer. La Commission Europe y a participé, tant dans l’envoi de productions d’élèves que dans la correction de ces dernières. Nos partenaires nous ont demandé de trouver un sujet pour le prochain concours, qui interviendra dans l’année 2013-2014.
Le thème sera donc :
La Grande Guerre dans la mémoire européenne.

Les lecteurs trouveront à la fin du rapport l’argumentaire qui guidera les élèves et leurs enseignants pour aborder cette question.

La participation de la Commission au site Historiana a été également évoquée. Notre amie Jacqueline a déjà des contacts. Il serait judicieux de faire venir le président présenter cette organisation, soit lors d’une prochaine Commission, soit lors d’un Comité pour l’ensemble des collègues. Violetta, enfin, a évoqué la manifestation à Fontainebleau centrée autour de l’Histoire des Arts. Aux côtés de ce festival de l’histoire de tous les Arts, on trouve également une Université de printemps ouverte aux chercheurs et aux enseignants. Avec son enthousiasme coutumier, elle invite les collègues à y participer. Il va de soi que toutes ces activités participent d’une même ambition, celle de rendre plus présente, plus lisible et plus forte notre association.
Le second point abordé est celui d’un futur stage destiné à tous les collègues dans la capitale européenne qu’est Bruxelles. Notre collègue Eudes Girard rappelle que le projet européen est désormais bien inscrit dans nos programmes (première, Terminales ES/L par exemple) et propose une visite de ce lieux où est discuté le projet européen. Ce stage durerait deux jours, sera certainement organisé après février 2014. La Commission Européenne accorde 100 euros de subvention et la trésorerie nationale accepte de verser une participation de 20 euros par participant. Pour ouvrir le stage, un groupe de 20 personnes est impératif. La thématique retenue pour ce futur stage est celle de la gouvernance européenne : les lieux de pouvoir européens à Bruxelles. Pour toute information, ou pour se pré-inscrire, merci d’adresser un mail à notre collègue Eudes (eudes.girard@laposte.net). Il a été enfin évoqué la publication prochaine dans ces colonnes ou sur le site de billets sur des sujets d’échelle européenne. Le premier billet sera consacré à : L’opinion publique européenne existe. Je l’ai rencontrée !
L’ordre du jour étant épuisé, la Commission se sépare et se donne rendez-vous après des vacances attendues et bien méritées.

Yohann Chanoir

Argumentaire pour le concours EU-Story 2013-2014
La Grande Guerre dans la mémoire européenne

Force est de constater que la Première Guerre Mondiale n’a pas une place identique dans les nations et les mémoires européennes.
Si en France, elle est la Grande Guerre, si au Royaume-Uni elle se décline sous le nom de Great War, en Allemagne, elle est considérée comme l’Urkatastrophe, la catastrophe originelle qui précipite les Allemands dans une nouvelle « Guerre de Trente ans », et qui s’achève avec la capitulation de 1945. Il n’en reste pas moins que par le nombre de tués, de mutilés etc. parmi les belligérants, la Première Guerre Mondiale offre l’exemple d’une « guerre civile européenne », qui voit s’affronter ses nations et qui, à son terme, engendre un affaiblissement patent du « vieux continent ». Certains historiens, comme Jean-François Boulanger de l’Université de Reims-Champagne-Ardenne, dans un texte malheureusement encore non édité, évoquent alors la rupture majeure dans l’histoire et parfois la géographie (Autriche séparée de la Hongrie etc.) européennes que constitue ce conflit.

La mémoire de cette guerre, aujourd’hui, presque cent ans après ses débuts, ne se célèbre et ne s’incarne plus avec les mêmes modalités que celles du siècle passé. Les témoins ont disparu. Mais la Grande Guerre, comme l’a montré récemment Nicolas Offenstadt, imprègne sensiblement la production culturelle : films, livres, chansons, bande dessinée (on pense évidemment à Tardi mais aussi à Nicolas Juncker), pièces de théâtre, sculptures etc. On la trouve portée par des associations diverses, qui la cultivent, comme Soissonnais 1418, qui protège et fait visiter les creutes, ces carrières qui abritaient, dans une Picardie déchirée par le conflit, les belligérants. Jean-Jacques Becker a rappelé le 8 juin dernier, au cours du colloque organisé à l’Ecole militaire de Paris, que la mémoire était aussi diffusée et matérialisée par les musées installés sur les lieux même du conflit, mais aussi dans les villages détruits, et jamais reconstruits, dans les monuments aux morts, dans tous les lieux conservés in situ. Les historiens s’intéressent aujourd’hui aux traces rupestres, apparemment insignifiantes, laissées par les combattants. Loin de s’estomper, la Grande Guerre est bel et bien présente. Le souci du patrimoine offre, enfin, un dernier champ mémoriel. Le projet de faire classer les paysages et les sites de la Grande Guerre au patrimoine mondial de l’Unesco, dépasse les frontières nationales et linguistiques. Recenser, protéger, valoriser, didactiser ces sites, rassemblent dans une nouvelle union sacrée les ennemis d’hier, mais aussi des élus de toutes formations, des bénévoles et des scientifiques. L’ambition de ce classement montre la place des territoires dans la mémoire de la guerre, une place assurément d’échelle européenne, et qui sait, un précédent, puis un exemple pour les autres nations concernées sur d’autres théâtres d’opération.

Yohann Chanoir


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