Compte rendu de la commission pédagogique nationale des collèges

 mai 2013
par  Isabelle Petot
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Compte rendu de la commission pédagogique nationale des collèges
12 mai 2012

1. Le nouveau DNB (Diplôme National du Brevet)

Mise en application : juin 2013

Détails de l’épreuve : BO 29 mars 2012

Trois épreuves : Histoire (13 points) ; Géographie (13 points) ;

Education Civique (10 points)

et 4 points pour la maitrise de la langue.

Pour chacune des épreuves : questions de cours et de repérage plus une étude de documents.

La commission estime que cette nouvelle épreuve présente de nombreux aspects positifs en corrélation avec les demandes exprimées dans les différentes enquêtes menées depuis 2009 par la commission :
-  Satisfaction d’une épreuve maintenue à l’écrit du DNB (Histoire et Géographie)
-  Repères intégrés à l’épreuve afin de leur donner du sens
-  Etude classique d’un document conservée. L’intérêt ou la limite du document pourra être demandé à titre exceptionnel comme cela se pratique au cours de l’épreuve d’ Histoire des Arts.
-  Introduction d’un exercice simple de cartographie. La production d’un schéma ou d’une carte ne sera pas demandée, mais l’élève devra compléter, par exemple un titre de carte ou une légende.
-  Disparition du paragraphe argumenté, remplacé par un développement qui « prendra la forme d’un texte structuré, d’une longueur adaptée au traitement de la question » (cf BO)

Cependant, la commission souligne
-  l’aspect éclaté des sujets mais ceci peut s’expliquer par la volonté de balayer tous les acquis.
-  la liste des repères indiquée à la fin du programme de troisième demande à être précisée, notamment en géographie. Par exemple « trois pays parmi les plus pauvres du monde….trois grands pays émergents….dix métropoles mondiales les plus peuplées » sont des indications trop vagues pour préparer des élèves à une épreuve obligatoire de repérage.
-  la nature de la question « à développer » pose aussi beaucoup d’interrogations.
Aussi la commission attend d’étudier les sujets d’essai, bientôt mis en ligne sur Eduscol afin de
se prononcer définitivement.

La commission propose
-  de placer les repères après les questions de cours et non complètement à part.
-  de donner plus de cohérence et un fil conducteur aux questions posées tout en gardant la couverture du programme.
-  de valoriser le développement (ou texte structuré) par suffisamment de points en raison de l’investissement qu’il demande aux élèves.

2. Quelles révisions des programmes de la sixième à la troisième ?
A la suite des différentes enquêtes citées ci-dessus et des remontés des régionales, la commission propose plusieurs axes de révision des programmes.

Sixième
-  étude commune des trois grandes religions monothéistes et rejet d’un traitement à part de l’islam pouvant conduire au communautarisme.

Cinquième
-  Basculement du haut Moyen Age en début de cinquième.
-  Programme trop long et répétitif en géographie : proposition de diminuer le nombre de thèmes en géographie, parfois redondants et lassants.

Quatrième
Aucune remarque majeure.

Troisième
Il serait préférable d’attendre la mise en place mais d’ores et déjà certaines inquiétudes se profilent quant à la longueur et la complexité de ce nouveau programme. Ceci reste préoccupant pour une épreuve sans choix de sujets ; sans oublier l’investissement des élèves pour l’épreuve HDA en sus avec le même horaire.
Par ailleurs le choix d’un programme thématique pose des problèmes quant à la transmission de repères chronologiques aux élèves. L’étude de la France au XXème siècle dans une quatrième partie soulève également de nombreuses questions. Par exemple, le régime de Vichy et la résistance sont traités d’une manière indépendante de la Seconde Guerre mondiale. De plus, la préparation au concours national de la résistance et de la déportation dont l’épreuve écrite se tient fin mars nous obligera à traiter cette question avant. La commission propose d’intégrer l’étude de la France au XXème siècle au fur et à mesure de l’année scolaire afin de rétablir un déroulement chronologique indispensable à la maîtrise des repères dans le temps pour l’immense majorité de nos élèves.
Pour conclure, les membres de la commission soulignent tous l’inadéquation entre le contenu des
programmes et le temps disponible pour les appliquer. En effet, les heures non effectuées pour des
raisons diverses (ASSR, sorties pédagogiques, interventions dans l’établissement…) ainsi que les
évaluations et les corrections prennent beaucoup de temps. La commission demande que ces aspects
soient pris en compte lors de l’élaboration des programmes.

3.Histoire des Arts

Aspects positifs

Mise en place d’une évaluation orale des élèves et intérêt croissant porté à l’égard de l’histoire des arts.

Quatre critiques

-  Mise en place de l’épreuve à moyens constants sans rémunération supplémentaire des enseignants (choix des œuvres, multiples réunions de préparation et d’organisation et évaluation= beaucoup de temps).
-  Une épreuve coefficient 2 : autant qu’une épreuve écrite en juin qui, elle, demande plus d’exigences
-  Des modalités d’évaluation très différentes selon les établissements. La commission demande un cadrage général plus précis afin de ne pas pénaliser les élèves (choix des œuvres, harmonisation des notes.)
-  Rappel : l’enseignant doit pouvoir rester libre dans l’attribution des notes finales et ne pas être soumis aux demandes de son chef d’établissement.

4.Le socle commun

La commission a relevé :
-  Une évaluation de compétences mais surtout de connaissances dans nos matières.
-  Des compétences à évaluer très nombreuses dont le caractère n’est pas toujours explicite.
-  La formalisation d’un travail déjà effectué de la sixième à la troisième.
-  La méthode actuelle d’évaluation pose problème :
La commission propose sa suppression.

5.La formation aux nouveaux programmes de troisième

Dans l’ensemble des académies, une journée de formation pour un collègue par établissement a été organisée mais des disparités sont à souligner :
-  Académie d’Alsace : deux journées de formation pour tous les enseignants de collège
-  Académie de Créteil : une demi-journée d’information
-  Académie de Grenoble et de Versailles : aucune formation proposée jusqu’à présent.
- 
La commission achève ses travaux en rappelant le caractère indispensable de ces journées de formation qui ne doivent pas se résumer à une simple lecture des programmes.
Notons que de nombreux thèmes seront mis en lignes par les académies de Lyon, Aix - Marseille, Poitiers, Bordeaux et d’autres.

Isabelle Petot. ( déléguée régionale de la commission collège)


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